MÉCANISME POUR UNE ENTENTE | COLLECTIF DESMESURE | 19.03.14 > 28.03.14







Agathe et Fred Desmesure / Valérie de Saint-Do / Seydou Grépinet

# COLLECTIF DESMESURE # Dans l’espace blanc d’accrochage du 5UN7 cohabitent deux séries d’images réalisées dans le cadre du projet européen : Mécanismes pour une entente. Entente / attente d’un projet collectif sur l’idée d’une traversée trans-carpatienne partant de Bucarest pour Varsovie, et s’arrêtant le temps de la production à Plavec. C’est à cet endroit que le Collectif Desmesure, la famille au complet, s’installe deux semaines pour poser un regard sur le village slovaque et contribuer au projet artistique.
Série 1 : Photo- Graphies slovaques On se souvient de cette «babouchka » qui nous parlait en slovaque, nous en franglais, surtout avec les mains, et qui nous a reçus chez elle pour une photographie dans son salon, intime vision partagée par l’appareil enregistreur d’objets/ moments/ personnes. On se souvient de ce père de famille qui sort de chez lui avec un plateau de biscuits secs et de vodka fraiche : premier contact, celui du « nasdrovje » qui concrétise un accord plus fiable qu’un contrat, l’évidence du tintement des verres entre eux, du partage de l’alcool fort cul-sec au fond du gosier. On se souvient de ces sourires associés aux regards intenses lorsque le seul langage qui reste est le respect de ceux qui traversent l’Europe pour venir vous voir, et de ceux qui donnent un moment intime de chez eux. Le dispositif : Le photographe - L’appareil enregistre frontalement une image, captant l’acteur / habitant dans son quotidien, une pose simple dans un décor intimiste. L’architecte - Un crayon pour aller au-delà du cadre, déborder l’instant, pour un plus d’éternité, celui de la rencontre et de la mémoire.
Série 2 : Co- habitations slovaques 28 artistes européens cohabitent avec les 2000 habitants de Plavec, investissent les rues et les 5 troquets, le cinéma, espace culturel devenu leur QG. Ces photographies interrogent l’interaction entre ces deux mondes, les postures échangées dans l’espace commun. Elles jouent de l’idée des acteurs, de la scène et des décors, fondamentaux du spectacle vivant. Chaque image est une reconnaissance d’une mise en espace improbable que le photographe capte dans un instant fugace.

# DEADLINE - VALÉRIE DE SAINT-DO # Dans le cadre du workshop d'été organisé par Mécanismes pour une entente, j'ai immédiatement proposé l'idée de faire une publication régulière à laquelle chaque artiste ou chercheur participant était invité à contribuer. C'est ainsi qu'est né Deadline, avec la complicité active de Lukasz Jastrubczak pour la maquette et de Tomas Matauko pour l'édition et la traduction. L'objectif était de réaliser une publication hebdomadaire. Le numéro zéro est paru à Cluj (Roumanie), notre deuxième étape, le numéro 1 à Ko_ice (Slovaquie) qui a vu aussi la gestation du numéro 2. Trois numéros sont ensuite réalisés à Plavec, village frontalier entre Pologne et Slovaquie, où l'équipe a posé ses valises et travaillé cinq semaines. Dans les premiers numéros, j'ai laissé toute liberté aux contributeurs dans le choix des images et textes proposés. Deadline est un patchwork assumé de photographies, témoignages ou créations, d'interviews d'artistes participants, de textes de réflexions, d'anecdotes drolatiques et de récits vécus. Des formes de rubriques y sont devenues récurrentes : les éclairages historiques de László Milutinovits sur les territoires traversés, la fiction itinérante de Marek Mardosewicz, les chroniques du vampire de Jaroslav Wojtówicz, les critiques des films du Kinowagon orchestré par Mathieu Lericq, les « Variations sur la lettre S » de Lukasz Jastrubczak . D'autres textes et images fonctionnent comme un feuilleton de l'itinérance, une fixation sur l'imprimé des étapes de cette grande traversée. Deux numéros se distinguent par leur contenu. Dans Deadline #4, réalisé après trois semaines à Plavec, et entièrement traduit en slovaque nous avons voulu expliquer aux habitants du village, et partager avec eux notre perception du lieu ; dans Deadline #6, le dernier numéro j’ai demandé à chaque participant un exercice de « je me souviens » à la George Perec, souvenirs combinés anonymement dans la mise en page. Deadline fut vecteur de rencontres, entre artistes participants qui se découvraient, entre nous et nos interlocuteurs sur place. Qu'il continue à jouer ce rôle pour tous ceux qui découvriront à travers ses colonnes, des artistes, des témoignages, des lieux, et partageront avec nous ce voyage.

# À LA FRONTIÈRE DU RAIL - SEYDOU GRÉPINET # A partir d'une commande quasi programmatique dont il s'émancipe instinctivement, Seydou Grépinet propose une vision toute personnelle de ce qu’a pu être l'odyssée artistico-humaniste du projet Mécanismes Pour une Entente. Parfois descriptif, parfois voyeur, ce premier film de l'homme qui accompagne depuis presque 10 ans tous les vidéastes de l'Ecole de Beaux-Arts de Bordeaux laisse transparaître un regard insolent mais respectueux du projet de l'association Point Barre. De l'utopie d’un rapprochement culturelle vers la contemplation d'un « Est sauvage » aux yeux d’une Europe trop timide, le film de Seydou sera peut-être le lien qui vous permettra de franchir vos appréhensions. Attention au départ, fermeture des po

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