FOTOM | GROUP SHOW | 30.09.18 - 17.11.18
Claire Soubrier, Demi Tour de France, Marc Adi, Nicolas Gavino,
Sebastian Rojo Fernández, Mikael Vojinovic, Joan Coldefy.






Claire Soubrier, Demi Tour de France, Marc Adi, Sebastian Rojo Fernández, Nicolas Gavino, Mikael Vojinovic, Joan Coldefy.

Dangereux silence, cérémonie funèbre, Ambrotypie, trace mnésique, captation de la disparition, dame blanche, gonzo paranormal, cryptomancie, c’est bien la croyance en l’image, à son culte et ses lacunes ou tout du moins du doute raisonnable, que nous abordons lors de cette première exposition photographique au 5UN7...

En s’inscrivant dans une temporalité folklorique toute récente en France qu’est la fête d’Halloween, nous vous proposons un commissariat réalisé à l’aide d’une planche Ouija et de bougies parfumées au sang de vierges disposées en pentagramme. Le dévoiement de ce culte païen ne correspond en rien à une critique factuelle, il s’agit de se fondre en lui avec subjectivité par le biais de la représentation photographique. C’est un appel manifeste à l’invocation d’un culte contemporain sublimé par la captation d’une réalité tout aussi effroyablement contemporaine. Le corps moribond comme valeur de l’effroi.
Notre adaptation maison du folklore avec son affirmation grégaire et tout et tout, déambule hystériquement entre les travaux des artistes invoqués idolâtrant avec allégresse «El Señor del Mictlán» (le dieux des morts chez les Aztèques). Cette apparition du monde d’en bas en effet miroir s’impose à nous comme une sensation étrange, en découle une réaction atavique qui nous hérisse le poil et nous glace le sang, qui titille notre cerveau reptilien. De quelle façon l’art peut-il s’approprier les mythologies contemporaines? Quel rapport plus ou moins passif l’art peut-il entretenir avec l’occulte?

FOTOM est le premier rendez-vous éso-photographique du 5UN7, il ouvre une porte sur un passé pas si lointain où l’on brûlait des femmes pour sorcellerie (dernière femme brûlée pour sorcellerie en Espagne, à Saragosse en 1870) avec une certaine forme de jouissance naïve et brutale. FOTOM prend sens en des temps modernes étranges où tout semble être si cartésien, si orthonormal au premier abord, tandis que les cultes païens et autres dérives religieuses font encore vibrer les foules discrètes d’une volonté primaire de libération par la violence. La confrontation de ce qui est évident et macabre semble empêcher la possibilité de détourner le regard, l’œil profane est fasciné par la vision qu’il consulte. Commence alors un voyage dans les strates de nos esprits qui résistent par la volonté de la frayeur. Dans une certaine mesure l’étrange bouleverse le corps, les mythes troublent la perception du contemporain, en résulte une adhésion secrète et honteuse, une aspiration néo-paganiste, une soirée sombre d’Halloween.

« Petite âme vagabonde et câline, hôte et compagne de mon corps, tu vas t’en aller en des lieux blêmes, sévères, nus et tu ne rencontreras plus de badinages, comme tu en as l’habitude.» Les mémoires d’Hadrien.

Joan Coldefy et Marc-Henri Garcia

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