STELLARIUM & CO | IRWIN MARCHAL | 27.06.13 > 04.07.13






Est acquis le fait que la gravitation universelle inféode à sa puissance le mouvement de tous corps à travers l’espace. Le fait même que nous ne tombions pas dans le vide astral nous le prouve à chaque instant. Il pourrait être assez jubilatoire d’imaginer que cela ne soit pas le cas en tous lieux et en toutes époques, que cette qualification d’universelle ne soit possiblement qu’une condition particulière liée à une localité précise de l’espace temps.

Sortie de cette localité, nous pourrions envisager un rapport tout autre à la matière, au vide, à l’inertie, à la thermodynamique, au mouvement. Des phénomènes aussi variés que singuliers s’offriraient brusquement en spectacle à l’être attentif. Celui-ci pourrait alors spéculer sur les transformations inédites que cette absence de lois… ou plutôt que cette variation de lois physiques engendre. Spéculer sans objectif j’entends. L’activité nucléaire des étoiles liée à la fusion constante de l’hydrogène pourrait ainsi s’étaler à l’infini et emplir le cosmos d’un feu ardent. La matière qui forme les planètes se trouverait sans doute dilatée à l’excès, ne répondant qu’aux aléas de je ne sais quelle marée cosmique. Sorte de gaz diffus et homogène.
L’écho éternel du rayonnement fossile, reliquat de la note première se métamorphoserait sous cette absence de pression en mélodie gymnopédique des plus agréables. Peut être enfin que les particules élémentaires, se regrouperaient par pure contingence, en réseaux compliqués élaborant de fait un paysage panaché mais ténu dont l’activité interne aboutirait par hasard à la création de la vie. Une vie d’abord simple et embryonnaire mais qui, mutant à loisir, finirait par créer des êtres de langage, soucieux de sens et munis de pensées abstraites. Fort de cela, ces êtres se retourneraient vers la matière dont ils sont issus pour tenter de donner un nom aux choses et à l’étendu ouvert face à eux.

Alors soudain, dans un hoquet, d’écouleraient les plus formidables noms, les plus étonnants concepts, les plus édifiantes formes de réalité. Des réalités tout à fait complexes car atteignables par la pensée et le langage. Du néant jaillirait ainsi le temps et l’espace et de cette soupe de vide s’échapperait des grumeaux de pensées conçues à partir de l’intuition même de ce vide. L’éternité s’arrêterait enfin pour laisser place à sa seule appréhension.

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