Le dernier jour du Cambrien- 22.10.2021 / 28.11.2021

 

Le dernier jour du Cambrien - 22 octobre au 28 novembre 2021

Le concept de machine Learning date du milieu du 20ème siècle. Dans les années 1950, le mathématicien britanique Alan Turing imagine une machine capable d’apprendre, une “Learning Machine.” Au cours des décennies suivantes, différentes techniques de Machine Learning ont été développées pour créer des algorithmes capables d’apprendre et de s’améliorer de manière autonome. Parmi ces techniques, on compte les réseaux de neurones artificiels. C’est sur ces algorithmes que reposent le Deep Learning, mais aussi des technologies comme la reconnaissance d’images ou la vision robotique.

Les réseaux de neurones artificiels sont inspirés par les réseaux de neurones du cerveau humain. Ils sont constitués de plusieurs neurones artificiels connectés entre eux. Plus, le nombre est élevé, plus le réseau est “profond “.

L’exposition “Le dernier jour du Cambrien” dont le titre quelque peu farfelu pour les non-scientifiques, évoque pour Xiyue et Xing l’émergence de la cyber-réflexion, par le biais du Deep-Learning. Pour eux, l’avènement de cette Technologie biomimétique marquera peut-être enfin la fin de la période du paléozoïque inférieur, aux limites et aux subdivisions encore incertaines, que les paléontologues nomment Cambrien.

Car le Cambrien, comme chacun sait, est reconnu pour voir apparaitre chez les êtres vivants non-végétaux un organe que l’ensemble des animaux possèdent: L’œil.

Xiyue Hu et Xing Xiao, couple fort sympathique au demeurant, multiplient les cyber- experiences chelou(es). Dans la vie comme dans leurs pratiques, ils apprennent à leurs machines à opérer des choix artistiques ou même encore à produire des oeuvres à leur place!

On pourrait presque soupçonner qu’ils ne soient plus que les exécutants d’un programme singulier biberonné par les Data-icones de jeunes artistes fraîchement diplômés des Beaux-Arts et leur bande de potes Geek de la Fac Math-Meca! L’algorithme qu’ils nourrissent est issu de la réflexion des chercheurs du GAN (Generative Adversial Network), il simule des images, parfois organiques, parfois mélancoliques, et même parfois un peu grotesques en procédant à un morphing aléatoire et permanent des bases de données que les opérateurs lui fournissent. Puis la production de ce premier algorithme est soumise au contrôle d’un second, qui lui est chargé de verifier que la créativité ainsi produite respecte bien les paramètres définis au préalable.

Les oeuvres synthétiques ainsi générées sont e-romantiques, ou e-politiques, et e-engagées, ou presque naïvement e-naturalistes. Toutes ces e-art-productions, sont autant de postures (ou impostures) que l’ordinateur génère après quelques heures ou jours de calcul. Les images d’oeuvres d’art s’inventent alors sous nos yeux compulsifs. La mémoire des artistes et de leur communauté, leurs sentiments, leurs peurs, leurs désirs, sont compilés sous forme De Data-miammiam, de nourriture pour Meca neurones! Il ne reste alors que le dernier choix! Celui que la machine n’arrive pas encore à faire seule, le dispositive, l’install, le choix de la mise en scène qu’énonce Giorgio Agamben dans son éssai.

Qu’est-ce qu’un dispositif?

Quelle stratégie devons-nous adopter dans le corps à corps quotidien qui nous lie aux technologies

Marc-Henri GARCIA